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Vin chaud Alsacien – La vrai recette et son histoire

Doux et collant, il réchauffe l’atmosphère : aucune boisson n’est aujourd’hui aussi étroitement liée à la période de Noël que le vin chaud. Chaque année, nous dégustons dans notre pays plusieurs millions de litres de cette boisson chaude, dont la plupart sur les marchés de Noël. Mais d’où vient la tradition de déguster du vin chauffé et aromatisé ? Dans cet article, nous reviendrons sur l’histoire du vin chaud – et une bonne recette 😉

Un peu d’histoire

Les anciens Romains et Grecs connaissaient déjà une sorte de vin chaud : pour leur Conditum Paradoxum, ils faisaient bouillir du miel et un peu de vin avec différentes épices. Dans une recette datant du premier siècle avant Jésus-Christ, le gourmet antique Apicius recommande par exemple d’ajouter de la cannelle, du laurier, des clous de girofle et du safran. Le mélange ainsi aromatisé était ensuite dilué avec du vin supplémentaire.

Le vin épicé comme médicament

Ce procédé devait permettre d’améliorer à la fois la conservation et le goût de la boisson alcoolisée, souvent très acide à l’époque. Au Moyen-Âge, l’idée a été reprise et est même allée plus loin. L’hypocras, qui porte le nom du médecin grec Hippocrate, ne devait pas seulement avoir bon goût, mais aussi aider à soigner divers maux.

Des ingrédients tels que la cannelle et les fleurs d’oranger, l’eau de rose et le poivre étaient censés avoir des effets médicinaux en combinaison avec le vin. Cette thérapie savoureuse était toutefois principalement réservée aux rois et aux riches nobles. En effet, les épices étaient très chères à l’époque.

Illustration de la canelle
Autrefois, la cannelle, absolument nécessaire pour un vin chaud digne de ce nom, était si précieuse qu’elle n’était accessible qu’aux personnes riches.

Quatre lochs de cannelle

Les premières recettes de vin chaud telles que nous les connaissons aujourd’hui remontent au milieu du 19e siècle. En 1843, le Saxon August Josef Ludwig von Wackerbarth écrivit les instructions de cuisson suivantes : « Par pot, quatre loth de cannelle, deux loth de gingembre, un loth d’anis, un loth de grenade, un loth de noix de muscade, un loth de cardamome et un gran de safran, sucré avec du sucre ou du miel.« 

Au fil du temps, les boissons de ce type sont devenues de plus en plus populaires, en particulier pendant la saison froide. À un moment donné, des mélanges d’épices prêts à l’emploi ont facilité la fabrication du vin chaud. Grâce à eux, il suffisait de faire chauffer le vin et de le servir avec un sachet de thé et un peu de sucre. Dans les restaurants en particulier, le vin chaud était souvent préparé selon cette méthode rapide.

Prêt à être consommer en bouteille

Une autre étape importante dans l’histoire du vin chaud a encore facilité la tâche des restaurateurs : en 1956, un négociant en vin du nom de Rudolf Kunzmann a produit pour la première fois à Augsbourg du vin chaud en bouteille prêt à être consommé. Pour ce faire, il a mélangé du vin rouge avec du sucre et des épices typiques et l’a mis en bouteille pour la vente. L’idée de Kunzmann a été si bien accueillie que d’autres négociants en vin ont bientôt fait embouteiller du vin chaud chez lui.

Mais il y avait un problème : ajouter du sucre au vin était interdit par la loi en vigueur – Kunzmann a donc dû payer une amende salée lorsque le service de l’ordre a eu vent de son vin chaud. Ce revers n’a toutefois pas empêché le marchand de vin de continuer. Sa persévérance a finalement été récompensée : au début des années 60, la loi sur le vin a été modifiée. Depuis lors, le vin peut être sucré pour la fabrication de vin chaud.

La recette classique du vin chaud

C’est surtout grâce à l’invention de Kunzmann que le vin chaud a conquis les marchés de Noël et même les supermarchés entre-temps. Mais si l’on a un peu de temps, on peut aussi préparer soi-même très facilement la boisson chaude de Noël – et déterminer ainsi individuellement la teneur en sucre, l’assaisonnement et la qualité du vin.

Illustration vin chaud

Pour faire du vin chaud rouge classique, il faut :

  • 1 bouteille de vin rouge sec
  • 1 orange ou citron bio en tranches
  • 2 bâtons de cannelle
  • 3 clous de girofle
  • 2 – 3 cuillères à soupe de sucre ou de miel en plus
  • Selon votre goût : 1 gousse de vanille, quelques capsules de cardamome

Préparation facile à faire soi-même

Pour préparer le vin chaud, le vin est d’abord chauffé avec le reste des ingrédients dans une grande casserole à feu moyen. Il est important que le liquide ne dépasse pas 80 degrés Celsius – sinon l’alcool s’évapore et il peut se former de l’hydroxyméthylfurfural, un produit de dégradation du sucre potentiellement cancérigène.

Ensuite, la casserole est retirée du feu et le mélange vin-épices doit maintenant macérer pendant au moins une heure. Le vin chaud est ensuite réchauffé avant d’être servi. Les épices peuvent être récupérées à l’aide d’une passoire.

Dégustez !

Il ne vous reste plus qu’a déguster en famille ou entre amis ce merveilleux breuvage d’hiver, dans des verres ou des gobelets, avec ou sans paille pour boire mais attention : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé !

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